Le métro de St-Pétersbourg

Le métro de St-Pétersbourg, une chronique de Françoise Caron Houle

Lors d’un voyage en Russie et dans les Pays baltes, avec un peintre de Gatineau d’origine polonaise, la première étape était la ville de St-Pétersbourg. Ville mythique de la Révolution, elle avait porté le nom de Léningrad, puis était revenue à son nom du temps des tsars. Construite par Pierre le Grand sur le bord de la Baltique, aux confins de la Russie, la ville avait eu un passé grandiose, en particulier sous la Grande Catherine, impératrice de 1762 à 1796.  Elle est connue pour ses palais et ses musées, ses canaux – la Venise du Nord –  et la grande misère de la Deuxième Guerre mondiale.

Avec le groupe, nous avons visité le palais de Peterhof , situé en dehors de la Ville, le palais de Tsarskoïe selo, dernière résidence de Nicolas II avant son exécution par les Bolchéviques, et le fameux Palais d’Hiver, qui contient les trésors de Catherine II  et est un gigantesque musée, l’Ermitage.

J’avais décidé de revenir seule à l’hôtel, situé à environ trois km et à regarder un peu les rues et les maisons. Mais en Russie, pas ou très peu d’anglais dans les affiches. Il faut se débrouiller pour «traduire» les caractères cyrilliques en vocabulaire occidental et, à l’aide d’un plan, essayer de se retrouver. Après une heure de cet exercice, j’ai décidé de prendre le métro. Quel dépaysement! Une foule qui se presse devant les guichets, aucune façon de demander le prix d’un trajet. J’ai tendu quelques roubles et ai reçu une sorte de jeton. Un gardien l’a pris et m’a fait signe de continuer. Affiches et indications en cyrillique et un escalator qui s’enfonçait dans le sol. Pendant la descente, qui m’a semblé prendre plusieurs minutes, je me posais beaucoup de questions : comment sortir de là? J’avais oublié que le métro est un des plus profonds du monde car il passe sous les canaux de la ville. Enfin, au bas, une sorte de place et des murs de ciment. Pas de rails, pas de trains!  Impossible de poser une question. J’ai décidé d’attendre, et au bout de quelques minutes, les «murs» ont glissé, et le métro est apparu. On m’a dit que ce système était en place pour éviter les suicides!

J’ai laissé passer une ou deux rames, puis je suis entrée dans un wagon. Les annonces étaient en russe, bien sûr, mais je connaissais heureusement le nom de la station en face de l’hôtel. Je suis descendue avec soulagement à l’arrêt, ai repris l’escalade vers la sortie et, bien sûr, l’hôtel était devant moi! Soulagée, je me suis retrouvée en terrain familier.

Notre jeune guide a raconté que les appartements communautaires existaient encore à St-Pétersbourg (plusieurs familles partagent un même appartement avec cuisine et salle de bains communes). À notre retour, nous avons appris qu’elle avait quitté la Russie avec son mari, pour s’installer en France. La vie du «peuple» est difficile en Russie.

Françoise Houle, mai 2019

Pour lire le récit de Renald Mailhot, premier écrit sous le thème Un voyage à l’extérieur de ma zone de confort, allez à  Camp de  base de l’Everest