Charlotte dans la vie de Line Lebeau

Une histoire racontée par Line Lebeau

Voici l’histoire avec ma belle Charlotte. En ces temps de pandémie, je partage « sa » demeure presqu’à temps plein…car vous le savez bien, à la minute où on adopte un chat, c’est nous qui vivons chez lui. On ne peut pas faire de lui ce que l’on veut…mais j’ai quand même quelques petits tours dans mon sac.

Comme bien des chats, Charlotte n’en fait qu’à sa tête. Lorsque je reçois de la visite, je peux la descendre vingt fois de la table de cuisine et elle y remonte jusqu’à ce que je me lasse et me résigne à l’amener dans « sa » chambre et refermer rapidement la porte derrière elle pendant qu’elle grignote quelques bouchées de ses gâteries préférées. Soyez sans crainte, c’est son domaine avec sa chaise d’ordinateur préférée pour faire une sieste, bols d’eau et de nourriture, litière et surtout une tablette que j’ai fait installer tout juste sous le cadre de la fenêtre pour qu’elle puisse s’y perche et regarder la vie extérieure ou s’y coucher avec un rayon de soleil en guise de couverture.

J’ai lu qu’adopter un chat, c’est en quelque sorte ramener un genre d’extraterrestre chez soi et se condamner à ne plus pouvoir s’en passer. C’est tellement vrai, pour moi en tout cas. Sans Charlotte je ne sais pas ce que je serais devenue. Je partage « sa » vie depuis près de quatre ans maintenant. Et le confinement, ce n’est pas nouveau pour nous deux. Ça fait déjà plusieurs années que je suis confinée dans mon logement à cause de problèmes de santé.

En effet, mes problèmes de santé chroniques grugent une bonne partie de mon énergie et limitent donc ma capacité à faire des activités et sortir de chez moi. Et d’autre part, je fais partie des milliers de canadien.ne.s malchanceux.ses qui souffrent d’hypersensibilité environnementale. Une maladie encore trop peu connu et reconnue. Les parfums, fragrances et produits chimiques me rendent malade à un point tel que je dois limiter mes activités sociales. C’est le lot de milliers de gens qui souffrent en silence de ce mal. Peu d’entre vous me connaissent car je ne peux me permettre de participer à des activités hebdomadaires qui me mettraient en contact avec trop de produits néfastes pour ma santé. Je suis membre de la Corpo depuis quelques années mais j’ai participé à quelques activités seulement. Mais je lis assidûment les courriels hebdomadaires et les articles partagés aussi par différents membres. Ça me donne un genre d’appartenance à un groupe malgré le fait que je dois limiter mes rencontres en personne.

Petite parenthèse…en ces derniers temps de confinement, si vous avez quelques minutes de disponible pour faire un peu de lecture, j’ose vous proposer d’en apprendre un peu sur ce mal obscure qui touche près d’un tiers des canadien.ne.s et vous informer aussi que bon nombre de gens ne savent pas que leurs symptômes (entre autres : maux de tête, étourdissements, difficultés de concentration, fatigue, yeux larmoyants, nez qui coule ou bouché et sinusites, respiration sifflante, essoufflement, éruptions cutanées) peuvent être une réaction d’hypersensibilité aux parfums et produits chimiques (information provenant de ce lien https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-8231/index.html). Si vous croyez que vous ou un membre de votre entourage, souffre d’hypersensibilité environnementale, je vous propose de lire l’article suivant qui date de 2012, tout en sachant que les connaissances sur cette maladie ont évolués depuis sa parution : https://www.lapresse.ca/actualites/sante/201205/21/01-4527189-hypersensibilite-environnementale-un-mal-obscur.php. Au besoin, pour plus d’information voici aussi un hyperlien vers l’Association pour la santé environnementale du Québec : https://www.aseq-ehaq.ca/.

Charlotte est aussi ma fan numéro un…de mon pain fait maison! Eh oui, elle a déclassé mes propres fils. Elle est incroyable et j’ai dû être créative pour la déjouer. Au début de notre vie à deux, je pouvais cuisiner des pains ou des desserts et les laisser refroidir sur une grille sur le comptoir…sans danger. Un beau jour j’ai fait du pain maison mais cette fois-là, il était au fromage. Ça sentait bon dans mon logement, j’adore l’odeur du pain qui cuit. Assise au salon je ne me doutais pas du mauvais coup qui se tramait dans mon dos. Pendant que je regardais la télé, Charlotte avait le champ libre pour manger à elle seule environ un tiers de la belle croute de pain recouverte de bulles de fromage bien doré et croustillant à souhait que j’avais si hâte de déguster. La p’tite bonjour! Depuis, Charlotte n’a jamais cessé de grimper sur le comptoir dès que je sors de la cuisine dans l’espoir – j’imagine – de se régaler à nouveau de bon pain au fromage. Je dois maintenant bâtir un grillage de sécurité autour de mes plats qui refroidissent en joignant plusieurs grilles de refroidissement à l’aide d’épingles à linge pour empêcher cette fan de pain au fromage de manger avant moi ce que je cuisine! Et quoi encore…j’ai commencé à faire du pain au levain ces derniers mois (projet inspiré par une vidéo youtube regardée en début de pandémie) et pour démarrer un levain il faut laisser un mélange de farine et d’eau à la température pièce pour fermenter pendant plusieurs jours. J’ai retrouvé ma belle Charlotte le nez bien enfoui dans mon pot de levain qui se régalait. Du levain, oui ma chatte se régale de levain…elle aime tellement ça que je dois lui faire le coup des grignotines sur la chaise d’ordinateur pour la laisser dans « sa » chambre avant même de préparer la pâte à pain au levain car c’est impossible de l’empêcher de monter sur la table dès que je sors le levain pour mélanger les ingrédients…elle en met de la vie dans ma vie cette Charlotte !

De mon côté, je continue de caresser Charlotte lorsqu’elle le souhaite…car dit-on cela fait baisser la tension car son ronronnement a des effets apaisants. Impossible pour moi de choisir l’heure des caresses, je dois respecter l’horaire de madame!

Mon logement n’est jamais complètement bien rangé car je laisse traîner des sacs en papier et des boîtes en carton dans lesquels elle se cache pour jouer avec moi ou pour faire une sieste. Je laisse toutes mes portes de garde-robes entre-ouvertes pour qu’elle puisse s’y cacher et m’espionner du coin de l’œil.

Charlotte et moi, c’est pour le meilleur et pour le pire!  Elle réussit, par sa seule présence, à me remonter le moral quand j’ai la vague à l’âme ! Car je vis seule depuis de nombreuses années et j’ai abandonné le rêve de rencontrer un ami à deux pattes. J’ai réalisé après quelques tentatives que ce rythme de vie que la maladie chronique et l’hypersensibilité environnementale me dicte n’a pas la cote! Mais pas de soucis, j’ai maintenant ma belle Charlotte qui se fou complètement de ces détails.

Lorsque j’ai pris cette photo, j’avais entre-ouvert la porte patio et l’heure avançant l’air extérieur était de plus en plus frais. Charlotte s’est donc lové sur le sofa en se glissant en partie sous ma doudou que j’utilise moi-même pour faire la sieste…j’adore cette photo!